Les signaux de fumée, le cunéiforme, le parchemin, le tambour, la lettre, le télégraphe, le morse, la radio, le téléphone, le minitel, le SMS, Internet, le mail etc. ont été et sont autant de moyens de communication que d'âneries possibles. La règle élémentaire édictant le fonctionnement d'une conversation est simple : un outil et un émetteur pour un récepteur. Dans un processus d'échange courant d'information, une personne émet son message au récepteur ; lequel prend acte et comprend (ou non) la nouvelle - qui, d'ailleurs, n'en est pas toujours une. Il s'agit donc d'un trivial aller / retour. Maintenant, la réalité dépasse parfois la théorie, car, c'est vrai, certains communicants n'appréhendent pas correctement cette loi universelle. De fait, ces outils de transmission nécessitent-ils un mode d'emploi ? Devrait-on instaurer un permis de communiquer ? Serait-il opportun de... Et puis quoi encore ! Non, sérieusement, le protocole est simple, pourquoi devrions-nous sans cesse tout expliquer ou complexifier ? Par exemple, dans un contexte d'entreprise nous pouvons distinguer quatre types d'individus :
Les communicants
Ont pour mission d'échanger naturellement avec leur entourage.
Leur but est de comprendre et se faire comprendre ; ils sont clairement dans la bonne démarche.
Les pre-communicants
Ont pour mission de vous avertir avant de communiquer.
Michel, je vais t'envoyer un mail dans deux minutes, si t'as le temps d'y jeter un oeil...
Ce type d'individu peut également se déplacer dans l'espace afin de vous persuader de l'importance de sa missive. Il n'hésitera pas à venir vous voir, vous toucher l'épaule et peut-être même penchera la tête en signe de détresse. Il passera parfois autant de temps à vous expliquer le contenu du message qu'à le rédiger. Ce genre de personne n'a réellement aucune notion du temps.
Les post-communicants
Ont pour mission de vous avertir après la communication.
Michel, je viens de t'envoyer un mail, si t'as le temps d'y jeter un oeil...
Ceux-là sont également exempts de toute notion temporelle. Enfin si, celle de la faire perdre aux autres - ce qui est clairement plus sournois. Ils pourront vous faire un « petit coucou » après le message, « histoire de » comme on dit. Méthode très hypocrite spontanée vous obligeant d'en discuter. Cette manière détournée de prétexter la pause café pour vous avertir l'arrivée d'un mail est somme toute pénible mais véritablement caractéristique du post-communiquant.
Les communicards
Ont pour mission de vous pourrir la vie, tout simplement.
Michel, je vais t'envoyer un mail. [..] deux minutes s'écoulent [..] C'est bon, je te l'ai envoyé, tu peux y jeter un oeil maintenant ?
A ce demander s'ils ne le font pas exprès... Peut-être est-ce lié à l'enfance, peut-être est-ce lié au rapport à la mère, nous n'en savons rien. Une chose est sûre, ils énervent et le font admirablement bien. Tous les procédés cités en amont sont évidemment mis en pratique : petite visite de courtoisie, « tapage » d'épaule, pause café etc. Il y a cependant un élément additionnel chez eux, ils ne remercient et ne s'excusent jamais.
Alors voilà, que fait-on de tout ce beau monde ? Comment répondre à cela ? Un mode d'emploi serait idiot, un permis à points également. La solution est sans doute aussi simple que le concept : réceptionner et répondre à chaque émission au fil de l'eau. Mais avouez que c'est trop facile pour ces esprits si torturés. Ainsi, quitte à tordre le protocole, autant inventer l'accusé d'émission. Cela consisterait à systématiquement notifier l'émetteur de la prise en compte de son message envoyé (et non de sa réception ni de sa lecture).
Conclusion, l'accusé de réception, c'est « has-been ».